Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /Oct /2008 04:59

Texto... "What are you doing, now ? I'll go drink some beers with my friend, do you want come with me?"
"Ok... I just need few minutes"...
5 minutes après, la moto m'attendait devant le portail.
J'enfourche le carrosse, plonge dans la nuit...

On roule pendant 20minutes, Ho Chi Minh est immense.
Le bolide brave ses concurrants, klaxonne comme eux, intrépide et conquérant.
Sur mon visage, le sourrire vietnamien... Je le tiens...

Je parle avec Phuong, mais j'écoute pas vraiment; j'ai les yeux dans le vent et la vie qui m'endrape, là, ce soir...
Je ne sais même pas où on va. Je ne sais même pas qui il y aura.
Peu importe. Tout me va...

La monture ralentit... A peine ai-je le temps de tourner la tête que tous sont déjà là.
"Nice to meet you! "
Naïve, je me dis "chouette, ils parlent anglais !"
Mais non... C'est encore plus beau. Ils ne parlent pas. Ils ont juste appris ça...
J'étais attendue... C'est fou. Juste fou...

Je m'assoie à la table quand on m'y invite. Regarde les gens un par un. Je fais ma ronde, mais eux ne bougent pas : ils me regardent. Ils sourient. Il y a le frère de Phuong, 5 de ses copains, et son père.
Je bois la bière que l'on me serre. Goûte les fruits que l'on me tends. Fume les clopes que l'on porte à ma bouche.
J'ai envie de donner. J'ai les poches vides. Enfin, j'ai des sous, mais ça représente rien. On partage pas les sous comme on partage un fruit. Ca veut rien dire. C'est moche...
Je sourris. Ca, je peux faire...

Une fille bloque vraiment sur moi. En rigolant, je l'imite. Tout le monde éclate de rire.

On me tends des baguettes... J'avoue, j'ai encore du mal à manger avec... Ils le comprennent tout de suite, et c'est 8 paires de mains qui s'élèvent au dessus de la table pour me montrer.

Mais aucunes ne les tiens comme ses voisines... J'ai donc le choix : 8 manières de tenir les inssolantes...

J'ai un petit bol devant moi, avec un quartier de pomme. J'essaie.

Pas de timidité, pas de honte.

J'arrive à le bloquer entre les 2 rebelles. Mais impossible de les faire trinquer.

Je lève la tête, ils ont tous arrêté de respirer.

Les yeux comme aspirés par l'exploit qui, peut-être, va se dérouler.

Plus de sourires. Plus de gestes.

Ils attendent à la ligne d'arrivée les 2 concurrants, en se demandant qui va gagner.

Mon agilité, ou ma maladresse.


Je ne bouge plus non plus, je crois.

Je ne regarde plus mes baguettes. Ils sont bien plus drôles qu'elles.

La fille relève un peu la tête, comme si le silence l'appellait hors de sa semi-torpeur.

Je lui fais un clin d'oeil.

En 2 secondes, je réalise un tour de magie... Attrape le quartier de pomme avec ma main libre, l'extirpe des echasses; j'abandonne sur la table les 2 moqueuses et, avec ma main libérée, me cache pendant que je triche : c'est ma main gauche qui me nourrit.

Tout le monde éclate de rire. Le garçon à côté de moi me tape sur l'épaule, et me ressert de la bière.


Il se lève, s'en va. Un autre récupère le siège vide. Essaie de me parler, éclate de rire.

Phuong lui demande ce qu'il veut dire. Il a l'air gêné.. Il se marre, tout le monde aussi. Il envoie chier la tablée, boit sa bière.

Se rapproche de mon oreille... Je suis sur le qui-vive : s'il l'a touche, il va se prendre une giffle. C'est grave, mais c'est comme ça, c'est mon reflex. Comme quelqu'un qui tape le genoux et lève la jambe. Moi, on me touche l'oreille, je giffle. Même quand je dors...

J'aimerai bien lui épargner ça. Je retiens mon souffle, mets les mains dans les poches.

Je sens mes muscles prêts. Contractés, comme si j'étais anxieuse. C'est la première fois depuis que je suis au Vietnam que je sens mon corps stressé. Je respire... Et, en soufflant, le calme me reprend.

Il est là, ce sentiment de bien être. Il me charme facilement, j'ouvre les vannes. Sourie.

S'il me touche l'oreille, ça me fera peut-être rien.

C'est peut-être un malaise lointain...

Il a sentie qu'il se passait quelque chose. Il avait pris ses distances, respectueux. Je lui sourie, me sens stupide. Tout ça pour une oreille... Je m'avance, lui tape l'épaule, tchïne avec lui.

Tous les verres se lèvent, s'entrechoquent, arrivent jusqu'à moi, m'éclaboussent.

On s'ennivrent... Juste un peu, pour le plaisir. Amicalement...

Il reprends du poil de la bête, son courage dans les mains. Il me murmure quelque chose que je ne comprends pas. Anglais ? Vietnamien ? Impossible de savoir... A-t-il seulement dit quelque chose ?

« Baïdatchou », ça veut dire quelque chose ???

Et là, dans ses yeux, je comprends... Ils parlent vraiment mieux que lui...

J'éclate de rire, j'éspère qu'il ne s'en est pas vexé... « I like you », c'est ce qu'il me disait...

Consciencieuse, je mèle mon anglais à leur façon de le parler : « Bee Too » , le mélant à une tape sur l'épaule.

L'autre revient... « Badda », c'est son nom. Il a trois roses avec lui. Une pour Phuong, une pour la fille qui me regarde toujours, une pour moi... Je prends la teinte de la fleur... Com Eun (Think you)...

Ils sont vraiment trop gentils...


Phuong me demande si je veux rester avec eux. Phuong s'occupe toujours de moi. Me demande comment ça va, si je suis heureuse, me traduit ce qu'ils disent, me sourrie, me materne.

Ou plus exactement, Phuong me demande si je veux « bien » rester avec eux...

« Yes, don't worry for me, I'm verry happy to be here. »

« Now, we go to the Karaoké, can I carry you with us? »

« Oh, where you want go, I stay with you... »


C'est génial. En France, je m'excusais toujours de ma présence.

Je me sentais de trop partout.

Peut-être à cause de tous les comptes que je devais rendre, tant au niveau financier qu'au niveau occupation. Je sais que de la part de mes parents ce n'était pas méchant, mais devoir sans cesse justifier du lieu où je me trouvais, de la raison, de ce que j'y faisais, etc., ça n'a pas bati ma confiance en moi. Au contraire. Ca m'a fait grandir avec le sentiment que j'étais surveillée. Que je n'étais pas autonome. Même au sein de ma maison, changer d'une pièce à une autre équivaut à DIRE. A expliquer, d'où je viens et où je vais. Faire un bruit dans ma chambre implique RACONTER. Ce que je fais, et pourquoi. M'asseoir à l'ordinateur veut dire JUSTIFIER. Ce que je cherche. Quand je suis triste je me DOIS de parler. Sinon on s'imagine à ma place que c'est à cause d'eux que je suis contrariée. Alors il me faut rassurer...

Je sais bien que pour eux, c'est « communiquer ». Mais pour moi, c'est trop. C'est pas ça, parler.

Ca m'a juste greffé le malaise d'être quelque part.

Donné l'habitude malsaine d'avoir le besoin de me justifier. De m'excuser.

De me sentir de trop. Partout. A ma place, nul part.


Ici, je me sens bien.

Je sens, punaise, que je ne suis pas de trop.

Si en France, même chez mes amis, je finissais par partir au bout d'un certain temps, ce n'était pas l'envie mais la pensée que je m'imposais peut-être. Voilà mes besoins d'être seule : la solitude était le seul endroit où je n'étais pas de trop.


Ici, je le sens. Que je suis bien. Qu'ils sont contents que je sois là.

Je ne lui réponds pas « Oui, je veux bien, si ça ne t'embête pas ».

Je lui réponds « Où que t'aille, je te suis. »

Jamais je n'avais été capable de dire ça avant.

Jamais, du coup, ça ne m'avait semblé normal.

Ca l'est, pourtant.

Ici en tous cas...


Je reçois un texto...

« Where are you know ? I just finish to have a lunch. Do you want I go to carry you with me ? I'll join my friends ». Anh Thu... Son anglais n'est pas très bon, le mien non plus, on se comprends très bien pourtant, ça suffit...

Je suis tellement... Heureuse...

D'avoir rencontré ces gens, qu'ils pensent à moi, qu'ils m'entrent dans leurs mondes.

Qu'ils m'entourent, demandent ma présence.

Je ne sens pas ça comme de la charité, vraiment pas.

Je n'ai pas dans mes pensées l'idée que, peut-être, ils ont pitié de se dire que je suis loin de mes amis.

Au contraire, d'ailleurs. Jamais je n'ai autant eu le sentiment d'avoir des amis...

Anh Thu est une fille que j'ai rencontré dans un bar.

J'étais seule avec ma bière. Victime du hasarre et de ma bonne volonté.

Tous les français que je connaissais étaient à la maison.

Moi j'en étais partie.


Elle m'avait fait un signe, quand j'étais seule. J'y avais répondu.

Elle avait insisté, était venue me chercher.

Je m'étais join à eux. 6 vietnamiens tout sourire et toute patience.

J'avais passé la soirée avec eux. On avait dansé, on avait rit.

Jahôn m'avait prit dans ses bras.

M'avait dit que j'étais belle.

Qu'il voulait que je sois heureuse, et qu'il m'aimait bien.

On avait trinqué à nos lacunes. A nos silences.

On avait trinqué aux langues qu'on ne comprennait pas.

A la bonne humeur. A nos rencontres.

On a cassé des bières, on a mélé l'alcool.

On s'est repris dans nos bras.

On a trinqué à l'amitié.

A l'amour, présent ou perdu.

Puis le concert était fini, mais on était resté.

Jahôn avait prit une guitare. A moins que ce soit quelqu'un d'autre.

Les yeux étaient ivres, ils brillaient de bonheur.

Moi j'avais pris le piano. Sous mes mains, dans mes mains.

Comme à chaque fois.


Les serveurs étaient debouts, c'était fini.

Mais on se connait, depuis.

On s'échange des sourires à chaque fois.

Ils étaient venus me voir.

« You are lovely »...

Tout génés.

C'est des amis...

Faut pas chercher...


Alors tu penses, je lui réponds, à Anh Thu...

« Hello, how are you today !? I hope fine ! Thinks to think about me... I'm with a girl I met yesterday, and her friends. Do you want met them ? If you prefer, we can see us tomorrow... Hope see you soon»

« Oh, ok... very sad... No, my friends are even in a bar, so... I want to see you tomorrow. Care about you, don't come back your home latter»

Ils me font trop rire, ces vietnamiens... Ils sont trop mignons.

A chaque fois, ils me disent ça.. « Ne rentre pas tard, fais attention à toi. Etc.... »

La dernière fois, c'est même le serveur qui m'a dit « Don't drink more. Come back your house now ». Pas que j'étais saoule, loin de là... Juste qu'il veillait. C'était Dat, faut préciser... :)


D'ailleurs, le prochain texto est de lui...

« What are you doing NOW ? »


Je me sens tellement bien...


Tout le monde se lève. Je range le portable, j'ai pas envie de draguer le clavier aux dépens de la soirée. Surtout pas...

Tout le monde enfourche une moto, 3 personnes me tendent un casque et m'invitent à m'asseoir derrière eux.

Je reste avec Phuong. Je l'aime bien.

J'associe mes kilos aux siens, le bolide n'a qu'à bien se tenir.

On reprends la route...

Sur le chemin, le garçon qui m'a dit « I like you » essaie de se battre avec moi.

Bien sûr, je joue le jeu... Délicate comme on me connait, je lui fous un grand pin.

Et... Il m'assome.

On éclate de rire.

La route n'est plus dangereuse, pour moi.

Elle est merveilleuse.

Gouvernée par l'absurde, en proie au besoin d'être agile.

J'ai pigé le truc.


On arrive au karaoké.

Un puzzle géant, un labyrinthe de pièces avec une grande télé, des canapés et des télécommandes.

A la place de la carte des menus, la carte des chansons.

Chacun fait son choix...

Les serveurs amènent une caisse de bières.

La mienne est la première ouverte. Par Bappa.

Tout le monde trinque.

La musique se lançe.

Tout le monde chante.

Moi je comprends rien.

Mon ami boxeur m'invite à danser.

Même pas de gêne... Tout est trop naturel. J'y vais...

Puis je danse avec Phuong. Il essaie de me récupérer.

Reste accroupi à nous regarder. On rigole tous.

J'aime le Viet Nam.

Par robinson
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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 21:08

My thoughts begin to be in english... So, I don't write any more : I live.

I smell and fell these both new languages... I learn to love those.

I discover new word, like new world.

I'm eager to find their magic... To play with, to let them enter in my dreams. In my nightmares too...

I'm just able to put the outline of my thoughts, and many words come back again in my mind, always the sames, like if their are the only to exist. There is a gulf between what I want, and what I can.... So I arm myself with patience, and every things I learn take away me thorns and weaknesses to be alone. But I'm still shrouded in unknown's mist...

I wean myself of my mother tongue... I try to make shreds of my easyness to speack French, because I arrived here since one month soon, and I don't progress like I hoped.

And new language give me lovely surprises. Like the verb « hope » isn't in the list of the irregular verbs... Only a stranger can feel this hapiness... Like to see « Shoulder » means « épaule » and not « cheveux », even if a french's shampoo's name is « Eden Shoulder »... Like, again, to find « tiptop » in my dictionary. Like many many words whitch are dancing in my mind, with their pretty sounds and poétrys about new... Everytime when I search a word in my book, i'm sure to see beautifull letters I never saw together yet...

It's a bit as if alphabet take his own hand like I never thank... And I'm really found of to look words in my head...

In French, I prefer write to speack. Because I've use to stay with words. I was in love with them, but maybe I don't watch them anymore, like an old couple whitch don't look themself anymore when they make love... I only put them on my paper like on a bed...

English, because it's new, because it's full of mysterys, because of many thing, I really love to speack it. I don't let it on my paper's shroud. I need to fell it evaporate, to smell like it lives...

Live... An other good surprise... Live and leave...


I needed time, but now,

Way out my silences I know

I needed to leave for regain,

For my words can lives again

I waited that, just,

For take off them their dust...


It's hopeless !!! :)

I have to be patiente, I know... But speack it's better for the moment. And I fell a both new and old love...

Par robinson
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 05:11
Il y a certains quartiers où, quand je me promène, on me lançe des mouchoirs sales.
Et moi, je baisse la tête.
C'est avec ces gens là que j'aimerai rester. Je sais que c'est etrenge.
Mais ils ne se cachent pas derrière des sourirs comme appats.
Ils haïssent les étrengers, mais n'en profitent pas...

Comment dire... Que moi je préfère qu'on m'insulte plutôt qu'on me caline... C'est pas aussi simple.
Je veux juste qu'on soit "vrais" avec moi. Peu importe ce qu'on a à me donner...

J'ai eu envie de pleurer, bien sûr.
J'ai essayé de comprendre, ça rassure...

Et ce n'est que le soir, dans ce bar "le Habana", que j'ai compris.
Que j'ai sentie la haine.
Que j'ai voulu, moi aussi, lancer des mouchoirs sales autour de moi.
Ces "expats" avec leurs gros yeux et leurs gros ventres, dansant et bavant sur les corps minces et souples de ces vietnamiennes...
Je suis injuste. Egoïste. Aveuglée.
Pourquoi je cracherai plus sur eux, que sur celles qui s'y prêttent ?
Juste sensible à leur pureté. A leur mensonge d'innocence.
A leur mensonge de beauté...
Je ne sais plus trop.

Dans ces petites rues, dans ce village en labyrinthe sentant tellement le pays, 1 mètre de droite à gauche,  avec des poules, des rats, des petits cochons noirs, avec des enfants en pagaille, le bruit des pieds nus courant sur le bitume humide, le son des rires, du silence, une pesenteur mélée de légéreté, un calme marié au chaos, de la boue, de la paille, des couchettes éparpillées aux quatres vents des petits escaliers, des hamacs aux pilones, la poussière, la lumière, la fumée, les fenêtres embuées... 
Et moi, qui marche....
Lentement, épousant chaque pas fait, respirant...
Humant l'air haut et fort, entre le sourire et la colère, entre les larmes et l'émouvante beauté, simplicité...
Respect... Empathie...
Oubliant même que je suis là. Traversant un endroit qui n'existe presque pas...

On ne me regarde pas gentilment. J'ai envie de m'arrêter discuter. Je me sens de trop.
Je me sens trop blanche, une nouvelle fois...
C'est la première fois qu'on ne m'invite pas.
La première fois que je veux entrer.
Que je veux leur dire, à eux, qu'ils peuvent bien m'aimer.
Trop prétencieuse à me croire différente. A me penser mieux.
A me sentir plus humaine.
Je baisse la tête. Je m'en veux.
De marcher sur leurs paillassons quand la rue est trop étroite.
De passer sous leurs fenêtres.
D'assister à leurs vies comme une pièce de théatre.
D'être témoin et distant.
Journaliste, presque...

Pourquoi j'étais dans cette rue ?
Pour changer de route.
Où j'allais ?
A la banque...

Pourquoi ?
Pour préter 1.000.000 de dongs au Vietnamien avec qui j'avais parlé du communisme.
Qui ne me les rendra jamais.
1 millions de dongs que je n'ai pas.
Pour quelqu'un qui, la pensée m'en effleure, me torture, s'est aussi servi de moi.
De ma paleur, de l'idée de ma richesse.
De ma sensibilité apparente... Il m'a pris par les sentiments.
M'a parlé de sa famille. Moi je n'ai pas faim. Moi j'ai pu faire mes études.
Ce qui m'enrage, ce n'est pas l'argent.
C'est son pouvoir.
Ses hallos.
Sa merde.
C'est de me dire que cet homme profite de moi. Sans me connaître. Sans savoir que j'ai à peine 5 millions pour un an. Et encore...
Ce qui m'enrage, c'est moi.
Mon égoïsme. Ma cupidité, à moi aussi.
"Moi, je n'ai pas faim..."
Qu'est ce qui donc compte plus, alors ?
Qu'est ce qui importe plus ? Et si, si j'étais cet homme, j'aurai fait pire?
De quels vices je me crois épargnée, parce que l'abondance est ma mère et le luxe mon père ?

Et alors, qu'est ce que j'attendais, dans cette rue ?
Qu'on voit dans mes yeux où j'allais ?
Qu'on sache pourquoi j'y allais ?
Qu'on m'en remercie ?
J'éspère qu'ils se seraient encore plus moqués de moi, qu'ils m'auraient encore plus haïs.

Viet Nam, pays merveilleux et cruel, je veux bien tout prendre de toi. J'aime ton visage, j'aime ton âme, aussi torturée et souffrante qu'elle soit. J'aimerai que tu me prennes dans tes bras sans m'épargner pour autant...
J'aime l'ardeur avec laquelle tu viens vers moi, la violance avec laquelle tu me repousses...

Il pleut. Ca tombe bien, on voit pas que je pleure.
Par robinson
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Jeudi 23 octobre 2008 4 23 /10 /Oct /2008 21:35
Pensées pleines,
Pensées vides...

Envie d'entendre ta voix vers moi venir,
Illusionnés stériles qu'on s'est laissés devenir,
Chercher chaque jour à remplir d'éternels
Ces crayons du matin qui dérivent loin du ciel...

Comme restée quelque part,
Enterrée d'un passé avec toi,
Tapie dans le cimetière de ta voix,
Sous tes yeux, sur le quai, mon départ...

Je ne sais même pas écrire sur toi,
J'ai pas encore guerrie,
J'ai juste les mots au bout des doigts,
Mais au papier ne s'y marient...

Qui Dieu merci me laisse aimer,
Mais n'oublie rien de toi, si tu savais...
Tout ce qui se pose n'est que tissu d'un jour,
D'un décor malfaisant qui imite l'amour...

Mais partis, tant partis,
Tout effacé comme si rien ne survie,
Et c'est vrai, toute cette merde,
L'avenir d'aimer est de se perdre...

Quel monstre ai-je pu être à tes mains,
Pour que de tant de griffes maintenant tu ais besoin,
Quel souvenir as-tu, qui mentiraient les miens,
De ce passé ému qui n'semble plus le tien ?

Alors j’enveloppe du regard,
Ces routes que je vous enterre,
J’écris sur ma peau mon départ,
Dans la musique que je fais taire…

 Des lettres tant déposées à chaque vent de mon lit,
Comme si poser me renaîtrait,
Comme si pour peu d'autre chose je rêverai,
Mais les années passent et rien ne se délie.

A la beauté du premier aimé,
Comme si sa plume était unique
Qu'aucun endroit pour oublier
N'efface le mur de ses premières briques...

Comme si ses lèvres tenaient la vie,
Sans raison
Cent raisons
Pour en garder l'envie.

Au premier aimé, oui
Et à tous les amants,
Qui au chagrin gagnent du temps
Et déguisent les oublies...

Enfance, presque, si jeunes et plein d'innocence,
Enfance aux rimes qui révèlent,
Qui reviennent et recommencent
Nouer le ventre de leurs ailes…

Alors que s'éloigne ta silhouette
Alors que s'éloignent nos pensées
Encore à mes sommeils fouette
L'amer de ces nuits esseulées

Qui targuent les voyages
D'avoir déjà vécu,
D'avoir de toi même le visage,
A tous les coins de l'inconnu...

Rouge, Noir
Couleurs aux nuits et au sang,
De cet amour intransigeant,
De ce premier et dernier soir...
Par robinson
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Jeudi 23 octobre 2008 4 23 /10 /Oct /2008 17:58
Ca y est, c'est décidé, c'est dit, c'est prévu...
Janvier me verra marcher, avec mon sac à dos.
Je ne veux pas rentrer, et dire que ce que j'ai vu du Viet Nam, c'est une ville. Non, il faut que je vois le pays. Je ne sais pas où j'irai, ni comment, mais j'ai prévenu l'école : Janvier sera pour moi.
J'irai plus au Sud, je partirai en train. Je les ai vu, je l'ai voulu... Des trains comme les maquettes de tonton Martin, les vieilles roulottes éléctriques, attendues par des gardes barrières (si si, ça existe encore ici ! Les femmes se pendent aux barrières pour les abaisser...)
Je veux voir les rizières, voir les animaux des campagnes, voir les maisonnettes...
Où dormir, où aller ? Je n'en sais rien...
Marcher sera déjà un but.
Voir sera ma seule conquête.
Je reviendrais pour Fevrier, donner des cours à nouveau. Puis je partirai pour le Nord en Avril...
Le temps que l'année se finisse, il me faut apprendre à parler.
Dat s'est proposé de m'apprendre...



COURS DE FRANCAIS, Classe avancée... LA PUBLICITE...
manuel page 68...
La multiplication et la diversification des produits de consommation courrante ont favorisés le développement de la publicité. [...]
Explications : étant donné que de plus en plus de produits ont vus le jour sur nos rayons, on a eu recours à la publicité pour les différencier. Et à force d'être entouré par ces images, visuelles ou auditives, on est devenus victimes, et le luxe est devenu un besoin. On est passé du savon au gel douche. On est passé de la gomme au dentifrice. Du tee-shirt au polo de marque. Du laitage aux divers yahourts. Plus la publicité accroissait nos besoins, plus elle se justifiait.
(Je passe le vocabulaire à expliquer : rayons, recours, auditives, victimes, luxe, besoin, ... Pour la plupart, je mime. Pour les autres, je dessine. Pour ceux qui passent les mailles, je traduis en anglais. Je me suis quand même déjà retrouvée debout sur mon burreau à mimer un bourreau, ou bien couchée par terre à expliquer "faire des pompes". J'ai aussi déjà fait un bras de fer avec un élève... Bref...revenons en à l'essentiel... )
En France, la publicité est devenue un problème d'un autre ordre quand l'auditeur a été ciblé : on a commencé à voir des images spécialement conçues pour plaire, toujours dans le but de mieux vendre. Et la cible a commençé à s'identifier à ce qu'on lui présentait. Ainsi, aujourd'hui, on montre des femmes nues dans toutes sortes de publicités, même quand le produit n'a rien à voir avec sa nudité : du parfum, du dentifrice, ...
Où qu'on aille, on est soumis à la publicité.
On est soumis aux images d'un monde qu'elle ment parfait.
On est soumis au besoin d'y croire. Au besoin de le mimer.

Et en faisant ce cours, je me dis plusieurs choses : d'une part, je n'ai jamais autant parlé de l'occident qu'aujourd'hui. D'autre part, aucuns mots ne sonnent plus occidental que Luxe et Publicité.
Je me sens petite, soudain. Devant le tableau, plein de dessins, de définitions, de mots que je n'aime pas.
Je préfère les cours sur la poésie, où se noie la craie entre tous les mots merveilleux de Vermeille, d'éclore, ...

Mais là, je suis là. Prisonnière. La publicité est entrée dans la salle. Sournoise.
Je suis professeur, j'enseigne. Je sens l'envie de le cacher.
Ils ont les yeux grands ouverts. Ils ne se rendent pas compte. Ils ne comprennent pas trop.
Je prends mon courage à deux mains. Vais chercher mon ordinateur.
Tape sur Google "publicité, Dove"
Je leur montre. Leur explique que c'est ce qu'on voit partout. Ils sont choqués, je crois.
Peut-être qu'ils réfléchiront à ce cours. J'aimerai être ce genre de prof utile...
Le problème, c'est qu'ici les consciences sont controlées.
Ils ne sont pas libres de penser.
J'ai peur de choquer, de blesser.
J'aimerai enseigner, ouvrir.
Je ne sais pas si c'est là mon rôle.
Je ne sais pas quels besoins ils ont, qu'est ce qui leur rend service.
Ils ne sortiront jamais de leur pays. Ils y sont pieds et poingts liés.
Pour partir, il faut signer. Jurer de revenir.
Il faut payer. Promettre d'avoir de l'argent dans l'avenir.
Je ne veux pas omettre ça. Je veux respecter...
Ne pas croire que, parce que c'est ce que l'on m'a apprit, ouvrir l'esprit libère.
J'ai peur de leur filer mon malaise. Mes douleurs. Ma haine.
Tout ça pour... Qu'ils le sachent ? Qu'ils aient conscience ? Est-ce que penser les nourrira ?
J'aimerai qu'on me dise quoi faire. La réponse est en moi, c'est grave...
C'est ce que j'appellerai mon éthique.
Je ne l'ai pas encore trouvé, elle se bat en elle-même...
Par robinson
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